Article du 3 Juin 2004 Politis titrait un dossier…
‘’Dans tous les pays européens, à l’exception de la Suède, la politique reste une « affaire d’hommes ». Les femmes, assignées d’abord à la sphère familiale, y sont considérées comme illégitimes, voire incompétentes. Et la France figure parmi les plus récalcitrants à promouvoir la parité. L’Union, qui impose à ses membres des mesures en faveur de l’égalité, pourrait bien être la chance des Européennes. ‘’
16 Septembre 2005 dans le Courrier (Suisse) par Sarah Scholl
‘Une affaire d'hommes
Peut-on néanmoins observer un comportement électoral spécifique aux femmes? Votent-elles réellement moins que les hommes? «De manière générale, la différence s'estompe partout, explique la politologue. Même s'il est vrai que jusque dans les années 1960 et 1970, les femmes votaient beaucoup moins que les hommes.» Non seulement par manque d'habitude électorale, mais aussi par la croyance largement répandue que la politique est l'affaire des hommes.
En Suisse, où le droit de vote des femmes au niveau fédéral a été introduit en 1971, il reste une différence, petite, mais statistiquement significative. Elle s'explique en partie par la démographie, l'électorat vieillit et les femmes âgées participent moins que les hommes.
«Le statut socio-économique des personnes a lui aussi une grande importance dans l'activité politique», relève la professeure. Les femmes, sur l'échelle sociale, sont moins bien placées que les hommes et usent donc moins de leurs droits politiques. «Même sur les questions dites féminines, le taux de participation des femmes n'est pas automatiquement plus grand.»
Manque d'attrait
«Il y a aussi une explication plus idéologique, avance MmeBallmer-Cao. La politique n'est tout simplement pas assez attrayante pour les femmes.» La faute à qui? «A la façon dont travaillent les partis, notamment. Ils s'orientent encore bien souvent par rapport à l'électeur type moyen qui, dans leur esprit, reste un homme.»
Du côté du choix politique, «pendant des années, les femmes étaient globalement plus conservatrices que les hommes. Aujourd'hui, il semble qu'une tendance nouvelle se dessine. Les femmes choisissent des partis plus à gauche que les hommes.» Statistiquement, il y a plus de probabilité qu'une jeune fille instruite, une étudiante universitaire, vote à gauche qu'un homme du même âge et du même niveau d'instruction. Mais cela demande encore à être nuancé et confirmé sur le long terme. «Il est en effet difficile de généraliser les différences de comportement entre les électeurs et les électrices.» ‘’